Quand j'étais jeune...

Quand j’étais jeune, on me disait que je ne manquerai jamais de travail : « Les gens auront toujours besoin de manger ». Effectivement, on ne manque pas de travail...

 

Mais ce dont on ne se rend pas compte quand on est jeune, c’est qu’on va rentrer dans un milieu ultra concurrentiel, qui est en fait une véritable industrie ! Les dessous de l’assiette ne sont pas toujours jolis jolis, j’ai assez traîné ma bosse dans ce secteur pour le savoir… Rentabilité financière oblige, le plus cher dans l’organisation capitaliste en cours étant le temps qu’on consacre à produire, nombreuses sont les tentations d’améliorer sa rentabilité en prenant quelques raccourcis. Il y a des pratiques tellement bien ancrées dans les cuisines, qu’on en arrive à oublier son bon sens .

Au fil du temps, depuis l’ouverture de L’informel, j’ai quasiment dû réapprendre à cuisiner et à pâtisser certaines recettes tellement mon expérience dans divers établissements m’a conditionné à utiliser un peu trop facilement des PAI (produits alimentaires intermédiaires).

Le grand public ne se doute pas toujours de tout ce qu’on peut trouver déjà prêt ou presque prêt ! Il n’y a qu’à regarder les catalogues des grossistes…

 

Bon. Cela posé, il faut être franc. Particulier ou professionnel, on cuisine tous avec des produits ayant déjà subi une transformation. Soit pour gagner du temps, soit parce qu’on n’a pas les compétences nécessaires pour le faire « maison ». Certains de ces produits sont tellement courants qu’on ne les considère même plus comme des PAI (par exemple, les pâtes, les filets de poulet, les tomate pelées, les cornichons, le fromage râpé…) Mais bon, il faut être vigilant sur la qualité des ingrédients, leurs origines et leurs conditions de fabrication !

 

Quelques conseils pratiques ?

 

  • Pour les PAI, lisez bien les étiquettes. Si l’origine du produit n’est pas indiquée, la méfiance s’impose ! Ne croyez pas sur parole les beaux discours sur les emballages. Les discours des services de communication des entreprises agro-alimentaires sont parfois diaboliquement trompeurs !
  • Pour les fruits et légumes frais, choisir ceux de saison, locaux, ou au moins français permet de s’assurer une certaine traçabilité
  • Pour la viande, en consommer moins est une nécessité écologique absolue. Ici, on boycotte le poulet de batterie. Et c’est pas parce que c’est écrit « volaille française » que c’est pas de l’élevage intensif ! Pareil pour le porc et le bœuf ! Choisissez la qualité plutôt que la quantité ! Pensez-vous qu’acheter de la viande à bas prix permet de rémunérer correctement tous les acteurs de la chaîne et investir pour améliorer le bien-être animal ?
  • Pour les produits de la mer, il est nécessaire également que notre consommation devienne plus exemplaire. Les critères sont nombreux et divisent même les experts ! Entre la sur-pêche, l’élevage intensif, la taille des prises, la saison et le lieu de pêche… Pas facile de choisir ! Comme pour la viande, toujours privilégier la qualité à la quantité ! Le site et l’application MrGoodFish donnent de bons conseils.
  • Pour les œufs, même si vous faites déjà attention à ne choisir que les œufs de poule élevées en plein air, ou encore mieux bio, faites attention aux ingrédients des préparations ou autres gâteaux et biscuits industriels. Les ovo-produits utilisés par les fabricants sont encore majoritairement à base d’œufs de poules élevées en cage.

Vous connaissez notre position, mais on vous le répète quand même : préférez les producteurs locaux et/ou le petit commerce. Posez des questions ! Prenez votre alimentation en main ! Il y a pas mal d’initiatives citoyennes et populaires qui voient le jour en ce moment ; il y en a forcément près de chez vous ! À Dunkerque et autour de Dunkerque, il est possible de se fournir facilement directement chez le producteur. Vous pouvez aussi rendre une petite visite à l’épicerie participative « La source » La Source - Epicerie Participative Autogérée. Les boutiques de vrac comme Day by Day Pierrick et Lauriane de day by day Dunkerque sont des endroits où l’on trouve des produits de grande qualité.

Un dernier conseil : cuisinez vous-mêmes et autant que possible à base de produits bruts ! Personne n’est parfait ! Osez ! Cuisiner maison des produits frais et locaux limite drastiquement les déchets d’emballage, et améliore considérablement le bilan carbone de chacun.

 

Enfin, (si vous m’avez lu jusque là, vous êtes vraiment sympa ) quand ce n’est vraiment pas possible de cuisiner, évitez autant que possible les plats cuisinés du commerce. Sauf s’ils viennent de L’informel, évidemment !

Écrire commentaire

Commentaires: 0